Mokte

Kareyce Fotso

Mokte
  • 2014
  • Contre-Jour / Socadisc

"Et ça se prononce comment son petit nom ? Si l'on se fie à la douceur de ses chansons, comme une caresse. Ancienne choriste de Sally Nyolo, la camerounaise voyage léger : une guitare acoustique aux cordes pincées, des claquements de doigts, des choeurs presque chuchotés et quelques instruments de poche. Du folk africain tendre, apaisé, où l'économie des arrangements amplifie par contratse la sensation d'espace, et l'intensité d'une voix comme du velours râpé. Disque du matin ensoleillé, conclu par une petite bossa irrésistible qui l'annonce : Kareyce Fotso ira loin."
Stéphane Deschamps, Les Inrockuptibles, avril 2014

"Kareyce Fotso est l'une des artistes emblématiques de la nouvelle vague de la musique africaine qui actualise le chant des anciens dans un genre dépouillé, acoustique et richissime d'inspiration. Un style enraciné qui vibre aux cordes d'une contemporanéité qui ne saura pas se réduire aux canons d'une modernité ambiguë. Kareyce Fotso chante le Cameroun puisant dans les vicissitudes, les contradictions et les dilemmes d'un peuple qui demeure fier de son histoire et attaché à sa terre et à sa culture. Elle le chante s'accompagnant à la guitare, à la sanza ou aux percussions, avec une voix à peine voilée, où le lyrisme de mots se dégage dans les accents et les intervalles du phrasé. Elle convoque les différentes langues d'un pays considéré comme l'Afrique en miniature pour en tirer, de chacune, une sève, un parfum, une couleur. Née dans les montagnes rougeâtres de l'Ouest et ayant grandi dans la ville multiethnique de Yaoundé, la capitale, la chanteuse invente un répertoire où l'intensité de l'expression, l'authenticité du chant et la suggestion des paroles font le pouvoir de séduction d'une personnalité hors de l'ordinaire."
Luigi Elongui, Amina, avril 2014

"Née en pays Bamiléké, élevée parmi les Béti, puis immergée dans le brassage permanent de populations, langues et coutumes de Yaoundé, Kareyce Fotso a très tôt expérimenté la diversité du Cameroun. En intégrant le groupe Korongo Jam d'Erik Aliana, sans doute a-t-elle pu également s'inspirer de l'effort fourni par le chanteur pour fusionner les styles urbains et ruraux de son pays. On retrouve en effet dans la voix vibrante de Kareyce une multitude de résonances, celles du gospel et du folk, qui la rapprochent parfois de l'égérie américaine de la lutte pour les droits civiques Odetta ("Just Believe"), comme celles des traditions camerounaises et sud-américaines ("Aya", traité en bossa). Chantant sa foi (le superbe "Ke Wouac A") et ses engagements, la jeune femme se révèle complètement dans ce deuxième disque. Louis-Julien Nicolaou, Mondomix, avril 2014